Salut, novembre.

Fin novembre et je ne veux plus rien savoir de rien. Le joli luminaire vintage sur le mur à côté de mon loveseat à l’allure vintage éclaire les pages d’un bouquin. De deux bouquins. De trois bouquins. De quatre bouquins. D’un vieil album photos. Fin novembre et je fais honneur à la queue de cheval depuis maintenant vingt-trois jours. On me dit que ça me va bien. J’alterne entre trois bas de pyjamas, enfilés à la seconde même où je mets le pied dans mon petit chez-moi, quand il fut obligation d’en sortir. Fin novembre. Au four un rôti. Sur le feu un potage de céleri. J’ai acheté du Bounce « senteur de lessive propre ». Entre mes murs, ça sent la lessive propre et la cuisine de Ricardo. Curieusement, les odeurs s’allient à merveille, comme s’allient le grilled cheese et le lait au chocolat. Ce soir, je me loverai dans le loveseat et plongerai dans les pages d’une histoire d’amour en écoutant du vieux Radiohead. Fin novembre. Je fais grève d’écrans. J’écris ce texte à l’encre bleue sur un énigmatique carnet aux motifs de robots dont la provenance m’est absolument inconnue. L’encre s’étend à moitié sur ses pages exemptes de ligne, à moitié sur la face extérieure de ma main gauche. Le cellulaire est en mode silencieux, face contre table. Aucun clignotant bleu, aucun clignotant vert, aucune vibration, aucune sonnerie de mauvais goût pour me sortir de mon novembre doux.

Mentir à mes amis pour rester enfermée à regarder le ciel gris tomber.

Traînent sur la table à café du vernis à ongles rouge et un bout de papier avec une liste de cadeaux à offrir. C’est dans trente-deux jours Noël et la nostalgie commence à s’emparer de mon esprit comme s’empare la neige du gros sapin au coin de la rue. Faudrait que quelqu’un l’enguirlande de quelques folies.

Fin novembre. Je ne sors plus. Je dors. Je fais du yoga. Je regarde dormir le chat. Je médite. Je bois de l’eau chaude citronnée. Je fixe un point sur le mur gris. Je me rappelle quelques folles soirées d’été. Je souris. Je m’étourdis. J’ai envie de manger des biscuits.

Novembre comme un bain chaud, un pyjamas de flanelle, un soleil d’août, un spectacle des Grands Ballets. Novembre comme un pique-nique, comme faire du kayak en eau calme, un simple moment d’arrêt. Novembre comme un magret de canard. Une vieille chanson d’Elvis. Une soupe Lipton. Des fraises de l’Île. Novembre comme un sac de popcorn au cinéma. Novembre comme une bonne nouvelle. Novembre réconfort. Novembre comme se faire jouer dans les cheveux.

Peut-être parce que tout le monde le maudit, je me surprend à lui ouvrir les bras. Grand comme ça.

En novembre, il ne devrait y avoir que des dimanches.

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