Prête, pas prête, je m’envole.

PhotoVaranasi

J’ai assez de doigts pour compter tous les jours qui m’en séparent. Bientôt, je retrouverai enfin cet amour de l’Ailleurs. L’Ailleurs avec un grand A. Ce Bonheur avec un grand B de me perdre. D’apprendre. De voir. De savourer. D’avoir peur. De sentir. D’oublier.

– Tu pars où?
– En Inde.
– C’est pas la mousson?
– Oui.
– Alors pourquoi?
– Parce qu’on a pas toujours le choix. Et que je veux voir. Et que c’est maintenant.
– T’es folle.
– J’espère.

Ne sont fous que ceux qui ne se donnent pas le droit de l’être. Un soupçon de folie fait vivre mieux. Vivre vieux. Je pars en Inde avec un sac-à-dos à peine plus gros qu’un sac d’école, un Lonely Planet, un appareil photo, des antibios et un chapeau. Les deux pieds bien ancrés dans une paire de Birkenstock, sur une planète immense. Immense mais à la fois pas tant que ça. Le sentiment de liberté est au meilleur de lui-même lors d’une escale loin de la maison. De ça, je suis persuadée. Un clash culturel lancé sans vergogne en pleine face, c’est bon pour l’estime de soi et l’ouverture de l’âme. C’est bon pour grandir, bon pour les fous rires, bon pour les souvenirs. Ne pas retrouver son chemin sur la carte, c’est bon pour s’arrêter et se demander où est-ce qu’on veut aller vraiment. J’aime quand chaque visage autour, chaque son, chaque senteur, chaque mot m’est inconnu. Doux et insécurisant. L’été passé, à Durban en Afrique du Sud, égarée dans un marché indien complètement chaotique, je me suis arrêtée pour goûter l’instant: « Je suis vivante. Complètement vivante et complètement étrangère dans un pays qui ne ressemble au mien qu’en vraiment pas grand chose. » Ça goûtait bon. Les Indiens sont partout à Durban. Un signe, s’il en existent.

L’Inde, c’est un passage obligé. J’essaie de me préparer tant bien que mal à ce que je verrai. Je lis. Je regarde. J’écoute. Je fouille. J’appréhende la chaleur, les odeurs, le fouillis, les vaches, les rats, les singes, les chiens, la boue, la pluie, les trains, les épices, les couleurs, le lassi, les pantalons longs, les routes, les éléphants sur les routes, les morts, le désert, la poussière.

Quand on me demande où j’irai la prochaine fois, je réponds que ça dépend de ce que je vivrai là-bas. Peut-être que j’aurai envie d’y retourner. Peut-être que j’aurai envie de ne plus jamais quitter le confort de mon condo climatisé en été.

J’ai envie de faire tous les efforts possibles pour m’ouvrir. Ne pas juger. Laisser de côté ma propre conception de la normalité. Me laisser imbiber de ce que l’aventure aura de mieux à me proposer. Je ne sais pas si je vais aimer l’Inde ou la détester. Je ne sais pas si je saurai accepter la pluie comme cadeau de la vie. Je ne sais pas si je supporterai la chaleur. Je ne sais pas si j’aurai l’estomac assez solide. Le coeur assez fort. Je ne suis certaine que de deux choses: Je sais que l’Inde aura son effet. Et je sais que je ne suis pas prête. Parce que semble-t-il qu’on ne l’est jamais vraiment.

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