Film de filles et idioties.

PhotoGraffitiCoupleIl y a ce film à la télé. Je le regarde et j’écris. J’écris beaucoup ces jours-ci. Parce que vacances. Parce qu’attente d’un départ. Parce que réveil beaucoup trop tôt chaque matin. On dit que plus les vieux vieillissent, plus ils se lèvent tôt. J’ai 34 ans. À ce rythme, je finirai par me lever très tard parce qu’on fond il sera extrêmement tôt. Ton très tard sera mon très tôt. Une boucle sans fin. Les années avanceront et moi je ferai le tour de l’horloge. Jusqu’à ne plus savoir quelle heure il est.

Il y a ce film à la télé. Il y a ce film qui me nargue. Un jeune beau chevelu père veuf engage une jeune nounou célibataire blonde prof d’aérobie lèvres glossées en permanence. La scène suivante, une femme accouche en plein air, en trois huitièmes de seconde, d’un bébé propre, rose et sans cordon.

On me prend pour une idiote.

Ils se vouvoient. Dans ce genre de film, on se vouvoie pendant des semaines et des semaines jusqu’au premier baiser sur le pas de la porte d’une grande maison avec des fleurs qui ne fanent jamais. La soirée est douce et sans l’ombre d’un vent. L’écharpe glisse parfaitement sur son épaule. Les talons hauts lui sont sans douleur. Il n’a jamais bu un verre de trop. L’haleine est fraîche.

On me prend pour une idiote.

Dans la vraie vie on se raconte nos vies qui se résument au boulot. On se raccompagne à pieds un peu saouls et nerveux. Hilares. On se french l’haleine de bière au pied des escaliers. Il mentionne la coloc qui doit dormir depuis un bout, sûrement, et l’impressionnante collection de vinyles. C’est vraiment à voir. Invitation maladroite. Elle se rappelle qu’elle n’a pas rasé ses jambes depuis trois jours. Qu’elle s’est jurée de ne plus se laisser aller dans ce genre de folie. Elle lui dit qu’elle ferait mieux de rentrer tranquillement. Elle hèle un taxi. Fière d’avoir su résister. Ce sera plus romantique, le moment venu.

Ils s’ajoutent sur Facebook. Il reste muet. Elle l’invite pour un verre. Il trouve des excuses. C’est usé avant même d’avoir existé.

C’est pas toi, c’est moi.
C’est pas moi, c’est toi.
Bla.
Bla.
Bla.

Un deuxième bébé sans cordon vient de naître sur l’écran. L’accouchante ne présentant pas la moindre goutte de sueur. Moi, je m’inquièterais. On est aux trois-quarts du film. Le moment mélancolique commence. Ce moment de douce musique où l’un des deux se trouve coupable d’une solide connerie. Celui où chacun manque à l’autre.

Ils se retrouvent enfin. On a cru que c’était terminé pour toujours.

Ce n’est pas vous, c’est moi.
Non ce n’est pas vous, c’est moi.

Premier baiser.

Je t’aime.
Je t’aime aussi.

On me prend pour une idiote.

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